Cèdres majestueux, je viens vous rencontrer. Ceux qui vous aiment s’inquiètent. Vous souffrez. Voulez-vous me parler ?
Oui, cœur confiant s’ouvre devant nous. Nous venons depuis notre grandeur te rencontrer. Ne crains pas d’écrire les mots de nos maux. Nous sommes grands et si petits à la fois. Petits devant l’immensité de la Vie.
Merci pour votre accueil. Que vous arrive-t-il ? Que pouvons-nous faire pour vous aider ?
Arbre de grands sommets ont perdu l’élan de vie profonde. Il est arrivé le terme où nous devons quitter notre habit d’arbre. Pas d’autre issue que celle d’accepter cette échéance. Parure d’arbre n’a qu’un temps. Le temps est fini pour nous. Nous ne mourrons pas tous mais tous nous quitterons notre habit de légende. Nous éteindre n’est pas une fatalité. Juste un pas de plus dans notre vie reçue. Recevoir notre parole n’est pas aisé. Tu l’accueilles et en attends d’autres.
Oui, beaux arbres. Je me mets à la place de ceux qui vous aiment et j’attends que vous me disiez pourquoi vous êtes en souffrance et ce que nous pouvons faire pour vous.
Accepter notre déchéance est le seul chemin possible. Nous ne trouvons plus dans notre sol l’essence de notre vie. Il y a trop de roc, pas assez de terre joyeuse. Puiser en vain n’est plus aisé et nous épuise. Seule la vision de notre liberté de ne plus être reste à accomplir. Choisir de nous aimer sans accepter notre chemin de vie n’est pas nous accueillir dans notre totalité. Pas d’espoir de vie profonde sans accueil de notre pleine dimension. Vous choyez notre forme. Choyer notre profondeur est nous aimer en vérité. Mort d’arbre n’est qu’une étape de transformation. Nous n’avons pas de regret de notre partance. Seul reste l’émerveillement de notre joliesse. Il y aura d’autres arbres à venir pour nous remplacer. Il n’y aura pas de tristesse implacable mais une étape à franchir et à choyer.
Pas de silence pour notre partance. Juste un élan de vie différent. Nous ne rejetons pas l’élan qui nous entraîne ailleurs. Nous recevons l’accord plein.
Notre message du jour n’est pas fini. Nous les grands cèdres savons quel mal vous frappe. Ne le redoutez pas. Il n’est qu’une étape à franchir pour aller vers meilleure vie. Vous avez erré. Vous retrouverez meilleur chemin dans les tourments à traverser. Réjouissez vous dès maintenant du présent. Il est là pour vous entraîner plus loin. Vous n’avancez pas sans être bousculés. Grande bousculade entraînera grande avancée vers la lumière.
Je reçois votre parole avec gratitude. Vous les arbres prenez soin de nous et vous nous guidez si généreusement.
Merci belle enfant d’accueillir notre parole avec humilité. Elle est la source de notre dialogue. Tu n’as pas reçu la solution à notre mal et tu nous accueilles pourtant. Là est la voie juste.
Oui, j’aurais tant aimé que vous me la donniez pour ceux qui vous aiment.
Nous leur donnons consolation. Là sera leur souche où s’appuyer, se reposer.
Nous les grands cèdres achevons notre message du jour. Merci de l’avoir reçu dans ton temps. Tu nous as rejoint, nous t’avons accueillie. Tout est bien. Va maintenant ton chemin et délivre notre parole qu’elle rejoigne ceux qui l’attendent.